Réflexions autour de Thiaroye

mass_repr_vigLes 27, 28 et 29 novembre se tient à l’UBS de Lorient un colloque intitulé «Massacres et répressions dans le monde colonial».

Au-delà du cas des événements de Thiaroye il y a 70 ans (voir notre article précédent), ce colloque est l’occasion de s’interroger sur plusieurs questions.

Ainsi jeudi l’évocation du passé colonial belge et de Léopold II a été l’occasion de se pencher sur les variations d’utilisation, suivant les protagonistes et suivant les époques, des références historiques (notamment aux «mains coupées» en l’occurrence).

Vendredi l’accès aux archives a été en question : constitution, conservation, suppression et, surtout, règles interdisant ou réduisant les possibilités de consultation.

Au-delà de la possibilité physique et légale de consulter des archives, a été évoqué aussi l’envie, la curiosité. Le témoignage d’Yves Abibou, fils d’un des condamnés de Thiaroye, n’a pas fait l’impasse sur les freins qu’il peut y avoir à s’intéresser à une histoire proche qu’on pressent douloureuse. Et l’enquête menée par des étudiants de l’UBS auprès de lycéens a montré que, dans le foisonnement de l’actualité, de l’histoire ou des programmes, il faut un catalyseur pour déclencher l’intérêt pour des questions pour lesquelles les institutions ont un discours officiel parfois bien éloigné de la réalité.

Sur la question du massacre de Thiaroye, Armelle Mabon a eu ce rôle de catalyseur.

Dimanche prochain, le président français restituera au Sénégal des archives relatives à l’histoire commune des deux pays. Livrera-t-il toutes les archives ou une partie seulement ? Parlera-t-il de «répression d’une mutinerie» comme ce fut le discours officiel ou de massacre colonial ?

Au Pays de Lorient, grâce au travail d’Armelle Mabon, nous serons plus nombreux à être attentifs aux propos du chef de l’État pour savoir jusqu’à quel point ira la reconnaissance, jusqu’à quel point le discours officiel pourra évoluer sur l’un des événements sombres de notre histoire.

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