LNC dénonce des «mauvais coups»

Groupe majoritaire au conseil municipal de Lanester, LNC (Lanester Nouvelle Citoyenneté) vient de s’exprimer, par la voix de son président Jean-Yves Le Gal, sur la politique gouvernementale actuelle :

La pierre angulaire de l’engagement de notre mouvement politique local demeure le contrat de mandature que les Lanestériens ont souhaité voir mis en œuvre jusqu’en 2020.
Il est malheureusement plus que jamais directement impacté par les orientations et décisions politiques nationales.
Cette évidence nous apparaît chaque jour et encore tout au long de ce Conseil Municipal.
Nous avons évoqué, tout à l’heure, avec Bernard, le désengagement de l’état sur le financement des emplois aidés.
Bernard a rappelé leur importance au niveau local tant sur le plan social que structurel, notamment pour le monde associatif.
Nous avons bien compris avec Myrianne que la nouvelle loi logement et la limitation de ses périmètres nous mettra en difficulté, entre autres, pour la construction de logements neufs sur la commune.
Nous avons aussi pu nous rendre compte avec Philippe de la fragilité du financement de nos politiques publics locales, de nos investissements et de notre fonctionnement dans le temps.

Ainsi le gouvernement propose de réduire la dépense publique de 3 points du PIB au cours du quinquennat, en coupant dans les dépenses de santé (-10 milliards), dans les dépenses de fonctionnement de l’État (-25 milliards, soit 7% du budget de l’État hors intérêts de la dette) et dans les collectivités territoriales (-13 milliards).
Ces 13 milliards d’euros viendront à manquer pour les budgets locaux, venant s’ajouter aux pertes déjà accumulées ces dernières années. Il ne manque plus qu’à coller aux collectivités la gestion de la répartition entre elles de cette nouvelle baisse pour organiser la concurrence féroce entre territoires. C’est une des propositions du Président Macron lors de sa campagne qui du reste doit être précisée comme bien d’autres.
On imagine l’impact terrible de cette gestion sur la solidarité territoriale et la qualité des services publics pour les citoyens.
Bien entendu la réduction drastique du nombre de fonctionnaires est à nouveau de mise. La petite musique qui s’installe sur la charge que représenteraient les agents des collectivités devient proprement insupportable. Derrière les grands chiffres, nous parlons là de femmes et d’hommes qui font vivre au quotidien les services publics essentiels et auxquels nos concitoyens sont attachés ; veut-on vraiment moins de crèches ? d’équipements publics ? de policiers municipaux ?…

Une mauvaise nouvelle n’arrive jamais seule.
En effet le gouvernement propose dans le même temps la suppression de la taxe d’habitation pour 80% des contribuables. Cette suppression a tout de la fausse bonne idée. Elle aura pour conséquence de miner encore un peu plus la légitimité de l’impôt, en le concentrant sur une faible portion de la population. Elle mettra gravement en péril la situation financière déjà délicate des collectivités locales, en leur faisant perdre une de leurs toutes dernières ressources dynamiques.
Bien entendu nous ne sommes pas dupes sur la prétendue compensation intégrale pour les communes de cette perte de recettes. L’état n’a jamais tenu ses promesses en la matière, au-delà de la première année.
De plus les dotations de compensation seront conditionnées à la politique locale menée par les unes ou les autres.
Elles seront notamment en lien direct avec les réductions de masse salariale opérée dans ces collectivités.
Et bis repetita, Je ne vais pas vous resservir le refrain sur la réduction des fonctionnaires quoique je pourrais faire durer la chanson.
Peut-on encore parler de libre administration des collectivités locales (principe constitutionnel, rappelons-le), si ces dernières n’ont plus aucune autonomie fiscale et se retrouvent entièrement dépendantes financièrement de ce que voudra bien lui concéder l’Etat.
C’est la volonté de mettre à genoux les collectivités, au premier rang desquelles les communes.
Comme toujours, ce seront au final les citoyens les plus fragiles qui seront les premières victimes de la mise à mal du service public et de l’affaiblissement des pouvoirs de proximité qui se profile.

Nous nous contenterons d’aborder ce soir le volet de la gestion et du financement local.

On nous avait annoncé une politique ni de gauche ni de droite mais aussi de gauche et de droite.
Nous sommes de gauche et nous dénonçons ces pseudo consensus qui délitent le débat politique car c’est bien le dissensus qui fait la démocratie.
Au regard des premières mesures prises ou annoncées par le gouvernement d’Edouard Philippe c’est bien au final une politique basée sur une idéologie libérale qui est imposée au français.
Nous le regrettons, le contrat moral anti-populiste passé avec la nation à la veille du deuxième tour de la présidentielle ne semblait pas être celui-là.
Nous mettrons localement en évidence les incohérences et les mauvais coups portés à la collectivité pour lesquelles nous ne serons pas co-responsables et solidaires.
Ce vœu sur la loi logement du gouvernement en est la concrétisation.

Jean Yves LE GAL

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