CAO : quel bilan ?

À l’occasion de la fermeture du Centre d’Accueil et d’Orientation de Guidel, des articles de bilan ont été publiés par Le Télégramme et Ouest-France qui brossent un tableau fort positif de l’action de l’État, via son opérateur la Sauvegarde 56, d’accueil d’environ 80 réfugiés venant de Calais pendant 6 bons mois.

S’il est vrai que les missions essentielles ont été assurées (fournir le gîte et le couvert), pour le reste le bilan est probablement plus discutable.

  • Peu de choses ont été faites pour permettre la mobilité des réfugiés. La délivrance de cartes de bus a été particulièrement lente. Et si un collectif de soutien n’avait pas pris l’initiative de collecter et mettre à disposition des vélos d’occasion, la situation aurait été problématique.
  • Concernant l’apprentissage du français, le bilan est maigre. Alors que les hébergés, dans cette période d’accueil, étaient désœuvrés et s’ennuyaient, le refus de la Sauvegarde d’accueillir positivement les propositions d’activités d’accompagnement linguistique ont fortement limité leurs occasions de pratiquer le français.
  • Dans la gestion de leur démarche de demande d’asile, les moyens mis en oeuvre se sont révélés insuffisants : dans certains cas les réfugiés doivent se rendre à l’OFPRA (Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides) pour des entretiens. Cela signifie d’aller à Fontenay en banlieue parisienne, ce qui suppose souvent de trouver une solution d’hébergement pour la nuit précédant le rendez-vous, le tout non accompagnés et à leurs frais.
  • Enfin, alors qu’ils avaient réussi à tisser quelques liens ici, entre eux et avec d’autres personnes, nombre d’entre eux se retrouvent aujourd’hui envoyés hors du Pays de Lorient (Brest, Vannes, Pontivy, Ploermel).

Le Pays de Lorient aurait certainement pu mieux accueillir et intégrer la petite centaine de réfugiés venus de Calais. Il aurait fallu pour cela que les responsables de l’État et de son opérateur encouragent les initiatives et les propositions de soutien, au lieu de les entraver comme ils l’ont trop souvent fait.

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