À l’occasion de l’enquête publique concernant la carrière de Coët Loc’h, sur la commune d’Inzinzac, nous avions pointé trois carences : 1) sur l’extractivisme, 2) sur le devenir du site 2) sur le Zéro Artificialisation Nette.
Le document d’observations et d’avis rédigé par la commissaire enquêtrice (https://www.morbihan.gouv.fr/contenu/telechargement/75640/586545/file/250327_conclusions_avis_ce2.pdf) comporte des éléments de réponse.
Premier point nous mettions en évidence que l’extractivisme n’était pas un modèle durable et que tout projet d’extraction devait, à notre avis, comporter un volet sur les moyens de réduire le besoin. Sur cet aspect la Société des Carrières Bretonnes (SCB) renvoie la balle à l’État : «Oui, les effets de l’extraction existent (dont effets sur le climat, consommation de ressources minérales non renouvelables), nous ne le nions pas. Cependant, il n’est pas de notre responsabilité de choisir quel projet d’extraction éviter ou lesquels conserver comme les plus pertinents en France, dans le Morbihan et plus précisément dans le Pays de Lorient. C’est pourquoi, la décision relative à notre projet revient au préfet.»
Ce n’est pas faux. Et cela montre que tout ne se passe pas au niveau des enquêtes publiques. Il y a des orientations générales qui dépendent des équilibres politiques à un moment donné. Pour nous, Écologistes, la baisse du recours à l’extractivisme est un principe majeur.
En second point nous avions regretté que la «remise en état» à la fin de la période d’exploitation ne soit pas suffisamment clairement expliquée. La commissaire enquêtrice en convient, d’une certaine manière, quand elle écrit :«La remise en état du site était présentée dans un chapitre de l’étude d’impact, qu’il fallait chercher, alors qu’un élément du dossier s’intitulant « avis sur la remise en état » ne reprenait pas la présentation.»
La SCB, quant à elle, est, sur le sujet, assez évasive : «Il n’appartient pas au pétitionnaire de se prononcer sur le devenir du site, ce qui va au-delà de la remise en état (…). « L’activité » du site après remise en état sera mise en œuvre dans le cadre d’autres projets qui ne seront pas nécessairement de la responsabilité de SCB».
Nous continuons de penser que cet aspect du dossier est un point faible.
La troisième lacune était dans l’absence de référence à l’objectif de Zéro Artificialisation Nette. La SCB renvoie, sur cette question, à un document intéressant dont nous n’avions pas connaissance disponible en https://artificialisation.developpement-durable.gouv.fr/sites/artificialisation/files/fichiers/2025/08/ZAN_FASCICULE_1_44P_v20250801.pdf. On peut y lire, en page 16, : «En raison de leur réversibilité, les secteurs d’exploitation des carrières et de mines et les bâtiments leur étant directement nécessaires ayant vocation à disparaître in fine n’ont pas vocation à être comptabilisés comme de la consommation d’ENAF (effective ou planifiée).» La SCB est donc fondée à ne pas évoquer l’objectif ZAN. Mais présupposer que les carrières ne consomment pas d’Espaces Naturels Agricoles et Forestiers devrait motiver à être plus précis sur le devenir des sites en question.
On ajoutera que cette enquête publique a donné lieu à une implication importante des riverains. Celle-ci a amené la SCB à apporter plusieurs modifications à son projet initial. Elle a aussi mis à jour le fait que le Comité Local de Concertation et de Suivi (CLCS) n’avait pas correctement fonctionné les années passées et qu’un dispositif plus sérieux et systématique doit être mis en oeuvre.
Les Écologistes Pays de Lorient
